Le petit oubli
J’ai pris une bonne grosse journée pour revirer la fameuse « entente » du gouvernement dans tous les sens et un élément me chicote. En effet, il semblerait que malgré ce que tous les journaux rapportent, vos frais institutionnels obligatoires ne baisseront peut-être pas. Non seulement ils ne baisseront peut-être pas, mais ils pourraient continuer d’augmenter.
Depuis maintenant quelques années, les frais institutionnels obligatoires (FIO) sont réglementés. Essentiellement cette entente autorise les universités à augmenter leur FIO de 15 $ à 50 $ par année (en fait automne et hiver ensemble), selon les frais déjà chargés par l’institution. La liste de tous les FIO par institution et la hausse qui peut s’y rattacher serait exhaustive. Disons simplement qu’en moyenne, entre 2007 et 2011, les universités ont augmenté ces frais d’environ 26 ou 27 $ par année.
Or, l’« entente » présentée ce samedi ne contient aucune note concernant l’application de cette règle sur les FIO. Essentiellement, tout ce qui est convenu, est de geler 125 $ de FIO sur votre facture et de le reporter à six mois ou un an, pour laisser le temps aux étudiants de prouver qu’il y a de l’argent à économiser. Rien ne stipule cependant que les universités n’ont pas le droit de hausser, en fonction de la règle, leur FIO.
Pour faire simple, admettons que vous avez 600 $ de FIO par année. Votre université pourrait les faire passer à environ 625 $ à l’automne malgré l’« entente » de samedi dernier. Certes, ils « gèlent » un 125 $ sur cette facture, l’amenant à 500 $. Vous avez donc une baisse effective (mais temporaire) pour l’automne. Cela dit, les universités ont, dans les faits, le pouvoir de continuer d’augmenter le montant total de FIO que vous payez. Donc, pendant qu’un comité devra se battre pour trouver chaque sou que nous pouvons potentiellement couper, la mécanique permet de continuer d’augmenter là où nous souhaitons couper en premier. Un peu étrange comme système…
Il ne faut pas oublier non plus les fameux frais institutionnels NON obligatoires (je les nommerai affectueusement FINO pour la cause). Ces frais sont ceux qu’on vous charge à même votre facture, mais pour lesquels vous avez le loisir de faire la file pendant des heures à une dizaine de bureaux différents à chaque début de session ou d’année pour les faire annuler. Si je ne me trompe pas, ces FINO doivent être le fruit d’une entente entre votre association et l’université. Bon, nous pouvons tout de même espérer qu’après le mouvement de ce printemps, nos associations auront suffisamment de jugement pour refuser d’autoriser l’ajout de tels frais pour les années à venir, mais ne sous-estimons pas la capacité de nos universités de développer des projets bidons pour justifier des frais ici et là.
Je ne répèterai pas tout ce qui a été dit au sujet de cette entente. Je ne voulais que faire la lumière sur un élément qui, à ma connaissance, n’avait pas encore été pris en compte. Cela dit, je l’avais déjà écrit, ce que le mouvement et le gouvernement ont besoin pour sortir de cette crise, c’est du temps. Malgré que l’entente soit totalement vide, qu’elle frise l’insulte, elle nous donne ce temps dont nous avons besoin. Comprenez-moi bien, je refuserai cette entente. Cela dit, elle nous permettrait de prendre un moment pour nous réorganiser et revoir notre tactique.
Sur ce, bonne semaine et bonne grève.
p.s. Avec plus de 160 assemblées générales qui se tiendront en moins d’une semaine, j’aurai beaucoup de difficulté à garder le compte exact de qui est en grève. Veuillez noter que le nombre de grévistes ne sera valide qu’à la toute fin de la semaine. Le nombre d’hier était valide jusqu’à ce lundi matin.