La référence sur la grève étudiante

L’outil du jour

Certains auront peut-être remarqué qu’hier je n’ai rien publié à l’exception d’un billet envoyé par un lecteur. Ce n’est ni par fatigue, ni par manque de temps. C’est plutôt parce que, comme plusieurs, j’ai pris acte du comité de « négociation de la CLASSE ». Franchement, j’étais bleu de colère et je voulais éviter d’écrire un autre billet incendiaire sans avoir pris un peu de recul.

Après avoir pris le temps d’y réfléchir, ce qui me fâche le plus n’est pas la piètre qualité des présentations, ni le fait qu’ils se sentent investis d’une mission quasi religieuse, frôlant le mysticisme. Ce qui me fâche le plus, c’est le total manque de confiance envers nos institutions.

Certes, les Libéraux ont mis à mal depuis plusieurs années notre système politique et, sur une base régulière, les coups bas et les scandales sont au cœur de leur approche. Cela dit, lorsque j’ai regardé la conférence de presse de la ministre de l’Éducation lundi dernier, ce n’est pas le mur de béton armé répétant la même cassette que j’ai vu. Ce que j’ai vu, c’est une ministre épuisée, chambranlante, qui ne contrôle plus les événements. Ce que j’ai vu c’est une personne désirant sincèrement dénouer l’impasse étant donné l’ampleur des événements.

Hier matin, à la radio de Radio-Canada, Maisonneuve expliquait qu’il n’avait aucune idée de ce qui sortirait de ces négociations. Il rajoutait cependant que les étudiants avaient le gros bout du bâton. Pensez-y un peu, imaginez pour un instant que le gouvernement ne se serve de cette réunion que pour faire une belle façade de relations publiques. Imaginez ce qui arriverait et repensez aux cinq ou six jours précédant la rencontre. Ce n’est plus de la petite police contre de petits manifestants qu’il y avait dans la rue. C’était une émeute face à des forces de l’ordre agissant comme l’armée. Certes, la tension a baissé d’un cran, mais les esprits sont toujours échaudés et il ne s’agit que d’une étincelle pour raviver la flamme. Et nous savons tous, au fond, ce qui arrivera si rien de moindrement intéressant ne sort de cette rencontre.

Oui, comme plusieurs, je déteste ce gouvernement. Oui, comme plusieurs je crois qu’ils utilisent fréquemment de basses tactiques pour arriver à leurs fins. Mais rendez-vous compte que nous n’étions pas près de flancher. Dans les cinq derniers jours, des étudiants se sont joints au mouvement. Presque tous les votes de grève ont été reconduits, le mouvement ne s’essouffle pas du tout. Sans compter que la tension augmentait et que la situation devenait critique, même sur la scène internationale l’image du Québec (surtout son gouvernement) commençait à vaciller.

J’ai donc été fâché de voir que la CLASSE envoyait des gens qui ont comme prémisse que le gouvernement ne veut pas négocier et que tout ça n’est que mascarade et relations de presse. J’ai été fâché de voir que les jeunes qui défendent de si belles convictions de démocratie ont si peu de respect pour nos institutions. Je veux comme vous tous du changement au Québec, mais pouvons-nous éviter de « jeter le bébé avec l’eau du bain »?

Je sais que plusieurs me répondront que je n’ai rien compris et qu’il faut connaître la CLASSE et son fonctionnement pour saisir ces lettres. Je me ferai dire que la CLASSE a des positions contre les fédérations, contre la bourgeoisie, contre ci, contre ça et que c’est parce que je ne comprends l’essence de leur combat que j’accepte de « jouer le jeu » du gouvernement. Que nenni, je ne suis pas né de la dernière pluie et je comprends, voire j’aime bien ces revendications « révolutionnaires ». Mais un comité de négociation, c’est l’outil que nous avons aujourd’hui, maintenant.

Laissons la chance au coureur, nous verrons bien où tout cela nous mène.

Et si ça fait boulette, vous me direz « je te l’avais bien dit »! Vous aurez raison et nous redescendrons tous dans la rue!

Bonne semaine et bonne grève.

Le calendrier est encore ne processus de mise à jour. Je me suis concentré sur le nombre d’étudiants en grève pour avoir le chiffre le plus exact possible. Merci de votre compréhension.  

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