<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>greve2012</title>
	<atom:link href="http://greve2012.org/?feed=rss2" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://greve2012.org</link>
	<description>La référence sur la grève étudiante</description>
	<lastBuildDate>Wed, 23 May 2012 13:57:19 +0000</lastBuildDate>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.3.2</generator>
		<item>
		<title>Une petite pause</title>
		<link>http://greve2012.org/?p=1793</link>
		<comments>http://greve2012.org/?p=1793#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 23 May 2012 13:57:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[À la semaine]]></category>
		<category><![CDATA[Banniere]]></category>
		<category><![CDATA[Semaine 14]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://greve2012.org/?p=1793</guid>
		<description><![CDATA[Ce n’est pas la fin, loin de là. Avec un mouvement qui continue de prendre de l’ampleur et dont le débat est maintenant beaucoup plus large, cette campagne contre la hausse des frais passera certainement à l’histoire. En attendant, je mets temporairement mon humble blogue en veille. Mais avant de prendre cette petite pause, laissez-moi [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ce n’est pas la fin, loin de là. Avec un mouvement qui continue de prendre de l’ampleur et dont le débat est maintenant beaucoup plus large, cette campagne contre la hausse des frais passera certainement à l’histoire. En attendant, je mets temporairement mon humble blogue en veille. Mais avant de prendre cette petite pause, laissez-moi en clarifier les raisons et vous suggérer quelques pistes intéressantes.</p>
<p>Je prends une petite pause d’abord parce que, avec la suspension fort probable de la session et les longues semaines de grève, je dois me trouver un revenu plus stable pour les courts mois d’été qu’il me reste. Ce faisant, je commençais à avoir un peu de difficulté à maintenir le rythme par moi-même. Je vous rappelle que tout le travail était fait seul.</p>
<p>Je prends une petite pause parce qu’il est de plus en plus difficile de fournir la principale information qui vous intéresse, soit qui est en grève. Avec plusieurs établissements qui sont pratiquement mis en <em>lock-out</em> par le gouvernement, avec les retours en classe de quelques-uns et avec certains autres qui ont simplement terminé leur session, il devient très dur de déterminer le statut des associations. Sont-elles en grève, en appui, de retour à la maison? Dur à dire.</p>
<p>Je prends une petite pause malgré moi, parce que la seconde information qui vous intéresse est le calendrier. Or, avec la loi 78, l’infâme loi que vous devriez tous et toutes dénoncer, je suis dans une délicate position et je pourrais m’exposer à des amendes d’envergure que je n’ai pas les moyens de payer. Cela dit, je m’inscris dans la lignée de ceux et celles qui optent pour la désobéissance civile et je vous encourage à prendre part aux diverses activités pour démontrer l’inefficacité de cette loi. Mon calendrier cependant pourrait m’exposer à une amende potentielle allant jusqu’à 25 ou 35 000$ d’amende, ce que je ne peux me permettre.</p>
<p>Donc pour toutes ces raisons, je prends une petite pause. Et simplement pour être très, très, très clair advenant que je sois lu par quiconque au gouvernement : je ne prends pas cette pause à cause de votre loi de cinglés. Je ne prends pas de pause parce que la lutte est terminée. Je ne prends pas une pause qui doit être considérée comme une abdication. Je n’arrêterai jamais de vous combattre et de m’opposer à vos décisions jusqu’à ce que vous ne soyez plus au pouvoir et je souhaite que nous soyons toujours plus chaque jour à dénoncer votre arrogance et votre suffisance. Vous êtes petits et le peuple est grand. Vous serez les seuls à pleurer lorsque toute la rue sera en fête suite à votre chute.</p>
<p>Lundi dernier, c’était la fête des Patriotes. J’ai eu une petite pensée pour tout ceux et toutes celles avec qui j’ai échangé ces derniers mois, tous ceux et celles qui m’ont aidé à faire de ce site un succès en me fournissant de précieuses informations. Bref, une petite pensée le jour des patriotes pour tous ceux et celles qui se battent depuis plusieurs mois pour un système démocratique plus juste et plus équitable, pour une éducation accessible et aujourd’hui, pour leur droit d’expression et leur liberté. Certains combats ne sont jamais finis. Merci à vous et soyez sans crainte, vous me verrez réapparaître dès que j’aurai récupéré un peu. Ce n’est qu’une pause.</p>
<p>Finalement, avant de prendre officiellement cette petite pause. Voici la liste d’initiatives qui me semblent intéressantes pour exprimer votre opposition au gouvernement et pratiquer la désobéissance civile à divers niveaux. Tout d’abord le site <a href="http://www.arretezmoiquelquun.com">www.arretezmoiquelquun.com</a> sur lequel vous pouvez indiquer votre volonté de ne pas respecter la loi 78. Ensuite le site <a href="http://loi78.com/">http://loi78.com/</a> sur lequel vous pouvez vous inscrire pour ajouter votre nom à la déjà très grande liste de gens qui demandent une requête en nullité pour la loi 78 (en gros une mesure légale pour l’annuler). Il y a aussi le fameux « manifswiki.net » qui ne semble pas être en ligne au moment d’écrire ce texte. Cela dit, Facebook et Twitter restent les meilleurs moyens pour s’informer sur ce qui se passe et les activités à venir. Sinon, et pour conclure, joignez-vous à votre quartier et faites comme des milliers d’autres personnes chaque soir à 20h, allez faire du bruit avec votre casserole. Rien de plus amusant pour dénoncer notre gouvernement!</p>
<p>Sur ce, bonne semaine et à bientôt. Bonne grève, et n’hésitez surtout pas à aller à l’encontre de cette loi absurde, ne rien dire, c’est de l’accepter!</p>
<p>p.s. Je resterai actif par moment sur Twitter si vous souhaitez continuer d’échanger.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://greve2012.org/?feed=rss2&#038;p=1793</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Nous ne sommes pas les faibles</title>
		<link>http://greve2012.org/?p=1790</link>
		<comments>http://greve2012.org/?p=1790#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 17 May 2012 18:27:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[À la semaine]]></category>
		<category><![CDATA[Banniere]]></category>
		<category><![CDATA[Semaine 13]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://greve2012.org/?p=1790</guid>
		<description><![CDATA[Une loi spéciale…et puis quoi encore? Si, comme l’a affirmé le premier ministre, nous ne sommes que 30% des étudiants en grève (ce qui est, à mes yeux, énorme après 13 semaines, mais bon…), si comme il l’affirme nous ne sommes qu’un poignée de troubles-fêtes sans impact, si nous sommes des gens bornés, irresponsables, à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Une loi spéciale…et puis quoi encore? Si, comme l’a affirmé le premier ministre, nous ne sommes que 30% des étudiants en grève (ce qui est, à mes yeux, énorme après 13 semaines, mais bon…), si comme il l’affirme nous ne sommes qu’un poignée de troubles-fêtes sans impact, si nous sommes des gens bornés, irresponsables, à la limite un peu cons à ses yeux, pourquoi est-il incapable de régler la crise autrement?</p>
<p>La réponse est plutôt simple selon moi. D’abord, le mouvement est trop fort pour le gouvernement. 30% des étudiants en grève après 13 semaines et plus de 80% qui se disent contre la hausse, la capacité de mobiliser plus de 200 000 personnes dans les rues, bloquer le centre-ville soir après soir, sans relâche avec des milliers d’étudiants, ce n’est pas un mouvement faible. C’est un mouvement en pleine forme, dont la vigueur trouble un gouvernement incapable d’arriver à une entente sur quoi que ce soit. C’est une force décisive qui empêche littéralement un gouvernement d’avancer, qui le paralyse. C’est à un point tel que ni la loi, ni les forces de l’ordre n’arrivent à bâillonner et contrôler ce mouvement. Or, face à une telle force, il existe deux options. La première, celle de la diplomatie et de la démocratie, la discussion saine et de bonne foi. La seconde, celle de la dictature et de la force, imposer une loi pour tordre des bras, casser des jambes et faire taire les importuns.</p>
<p>C’est également dû au fait que nous ne sommes pas qu’une poignée de groupes anarchistes. Le gouvernement crie à tous les vents que nous ne sommes que des marginaux, des casseurs, des terroristes, des marxistes (expliquez-moi le problème d’être marxiste ou communiste, chacun a droit à son opinion politique, il y a même des partis qui défendent ces idées), des voyous et j’en passe. Il refuse de se rendre compte que nous ne sommes que des citoyens, des hommes et des femmes, des parents, des amis, des familles, des voisins qui s’opposons ensemble à des années de décisions politiques intransigeantes et sans consultation qui ne sont pas à l’image du Québec que nous souhaitons avoir. Il refuse de se rendre compte que nous sommes des gens ordinaires, qui peuvent certes avoir des opinions politiques différentes, qui s’opposent à un système dont le profit et l’individualisme sont devenus les nouveaux évêques. Il refuse de voir que nous en avons marre de la corruption, des liens entre le gouvernement et la mafia, des dépenses inutiles et superflues dans le béton, de la mauvaise gestion, des pots de vin et des lobbyistes grassement payés. Si le gouvernement s’ouvrait les yeux, c’est pourtant ce qu’il verrait. Le problème est que, constater cette réalité, l’obligerait à opter pour la négociation et la discussion. Un gouvernement ne peut matraquer des citoyens qui demandent à être entendus, mais il peut s’attaquer à une bande de voyous « qui ne cherchent qu’à déstabiliser l’économie de Montréal ».</p>
<p>Si le gouvernement ne règle pas la crise, c’est aussi parce que nous sommes intelligents, souvent calmes, posés et réfléchis. Combien de professeurs, de chercheurs, de personnalités publiques ont proposé des solutions et des alternatives à la crise? Quand même le Barreau du Québec implore le gouvernement de ne pas adopter de loi spéciale, c’est que nous sommes loin d’être cons en affirmant que celle-ci est nuisible. Quand une panoplie de chercheurs, d’économistes, de professeurs et autres spécialistes nous donne raison sur la question de la hausse des droits de scolarité ou sur notre droit démocratique de s’associer et de crier notre désaccord, c’est que nous sommes loin d’être cons. Quand on regarde nos trois leaders étudiants rester calmes et réfléchis, toujours le mot juste, toujours diplomate après 13 épuisantes semaines de grève et qu’à l’inverse nous voyons les parlementaires se crier des insultes à la période de questions, je doute fort que ça ne soit nous les cons. Quand, plutôt que de faire ses devoirs et se baser sur des études sérieuses (dont notamment ses propres études), le gouvernement se base sur le dernier CROP pour choisir s’il négocie ou non, alors là, je sais très bien qui est le plus intelligent des deux entre eux et nous. Or, lorsqu’on ne peut plus gagner en défendant nos idées de manières civilisées, par la discussion, on utilise la force et on frappe jusqu’à ce que l’autre accepte notre point de vue.</p>
<p>Le constat est simple; le gouvernement est faible et sans idée, sans projet, sans argument. À ses yeux, il a l’appui de la population, basé sur quelques sondages ici et là, mais les sondages ne sont que des chiffres théoriques changeant selon l’humeur matinale des sondés. Sans compter que le gouvernement joue avec ces chiffres avec brio. Jetant ici et là un peu plus d’huile sur le feu, il cristallise l’opinion publique autour de la violence, sachant très bien que les Québécois n’aiment pas la chicane. Il évite de parler intelligemment du sujet (la hausse des frais, je vous le rappelle), incapable de faire passer son point sur le plan des idées. Toujours incapable de détruire l’idée qui nous porte, nous les étudiants et les citoyens en quête d’un Québec qui considère ses citoyens comme des humains et non des chéquiers, il est acculé au pied du mur. Deux solutions, discuter et reculer en partie ou sortir l’arme ultime et user de la force. Nous n’avons pas un gouvernement qui aime avoir tort. Triste destinée pour le Québec en ce jour noir où la coercition primera sur la liberté d’expression.</p>
<p>Sur ce, bonne semaine malgré tout et bonne grève, pour les jours qu’il vous reste à la faire avant que le gouvernement ne mette la clé dans la serrure.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://greve2012.org/?feed=rss2&#038;p=1790</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Le smash</title>
		<link>http://greve2012.org/?p=1787</link>
		<comments>http://greve2012.org/?p=1787#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 15 May 2012 18:05:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[À la semaine]]></category>
		<category><![CDATA[Banniere]]></category>
		<category><![CDATA[Semaine 13]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://greve2012.org/?p=1787</guid>
		<description><![CDATA[Si le gouvernement souhaite renvoyer les étudiants en classe, il va devoir être prêts à mettre beaucoup plus d’éléments en jeu que ce qu’il a proposé jusqu’à maintenant. Avec l’annonce de la démission d’hier de madame Beauchamp, le gouvernement (ou madame Beauchamp personnellement, nous ne le saurons jamais) vient de donner raison aux étudiants sur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Si le gouvernement souhaite renvoyer les étudiants en classe, il va devoir être prêts à mettre beaucoup plus d’éléments en jeu que ce qu’il a proposé jusqu’à maintenant. Avec l’annonce de la démission d’hier de madame Beauchamp, le gouvernement (ou madame Beauchamp personnellement, nous ne le saurons jamais) vient de donner raison aux étudiants sur un point : faire la grève fonctionne, le temps est une arme féroce.</p>
<p>En effet, si M. Charest pense que la réflexion des étudiants en assemblée générale sera basée sur l’idée d’un nouveau départ et que la démission de sa ministre est l’indice d’un retour à zéro, il ne peut avoir plus tort. Ce que les étudiants retiendront, c’est que leur entêtement et leur force commune leur ont permis de venir à bout d’un ministre. Sans se réjouir de la chose, car ce n’était pas l’objectif, ils percevront la démission de Mme Beauchamp comme une réaction directe à leur pression. Et faire démissionner un ministre, ce n’est pas tous les jours qu’un mouvement social arrive à faire autant bouger un gouvernement. Ça sera également perçu comme une faiblesse grandissante du gouvernement, preuve que continuer à exercer la même pression peut leur permettre d’obtenir davantage.</p>
<p>Bref, les étudiants seront gonflés à bloc dans les différentes assemblées générales. Sans compter que chaque jour supplémentaire qu’ils passent en grève, ils se disent qu’ils ne se sont pas rendus jusque-là pour des miettes. Donc, chaque jour qui passe, la demande devient plus sévère, plus grande, plus importante. La démission de la ministre venant confirmer que la grève a des effets concrets s’ajoutera à cette conviction grandissante des étudiants. Nous avons en quelque sorte atteint le point où, loin de s’essouffler, le mouvement se conforte, se stabilise et se convainc de son bien-fondé.</p>
<p>C’est à ça que devront faire face M. Charest et Mme Courchesne dans les prochains jours. C’est à ça qu’ils devront faire face ce soir en rencontrant les leaders étudiants. Le gouvernement est en position de faiblesse. Peut-être pas sur le plan de l’opinion publique, mais bien franchement, celle-ci ne compte plus à l’heure actuelle. Les sondages non probabilistes et les analyses en surface de nos grands médias ne troublent pas du tout les étudiants qui, depuis plus de 80 jours, en sont la cible quotidienne. Donc, le seul moyen pour que ceux-ci retournent en classe est relativement simple, le gouvernement va devoir mettre un peu d’eau dans son vin sur la question centrale de ce débat depuis le début : les frais de scolarité.</p>
<p>Certes, le gouvernement peut tenter de bonifier ici et là un paquet de programmes, créer des comités, jouer avec les mots, mais rien n’y fera. Et les leaders pourront signer toutes les ententes qu’ils souhaitent, aucune ne passera tant et aussi longtemps que la question des frais n’est pas abordée. Fort de la démission de la ministre hier, les étudiants seront plus convaincus que jamais qu’ils peuvent obtenir ce qu’ils veulent à l’aide leur mouvement qui atteindra, ce 22 mai, la barre des 100 jours!</p>
<p>Sur ce, bonne semaine et bonne grève.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://greve2012.org/?feed=rss2&#038;p=1787</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Alors, que faisons-nous?</title>
		<link>http://greve2012.org/?p=1764</link>
		<comments>http://greve2012.org/?p=1764#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 10 May 2012 18:28:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[À la semaine]]></category>
		<category><![CDATA[Banniere]]></category>
		<category><![CDATA[Semaine 12]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://greve2012.org/?p=1764</guid>
		<description><![CDATA[Bon, la vraie question, celle qui fait mal, celle qui tue : que pourrait-on obtenir de plus? Cette semaine, j’ai dénoncé l’entente. J’ai aussi affirmé haut et fort que, ne serait-ce que par principe, nous ne pouvions pas nous laisser abattre aussi facilement et que le message clair de la grève devait être relancé. Il y [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Bon, la vraie question, celle qui fait mal, celle qui tue : que pourrait-on obtenir de plus? Cette semaine, j’ai dénoncé l’entente. J’ai aussi affirmé haut et fort que, ne serait-ce que par principe, nous ne pouvions pas nous laisser abattre aussi facilement et que le message clair de la grève devait être relancé. Il y a quelques semaines, j’ai aussi fait plusieurs clins d’œil sur l’importance d’un mouvement plus large, plus généralisé. Cela étant dit, quelle est l’issue?</p>
<p>La question mérite à tout le moins d’être lancée. D’une part, le gouvernement n’annulera tout simplement pas la hausse. La fenêtre d’opportunité est maintenant fermée pour un bon moment. Ils en ont déjà fait un enjeu électoral, que nous acceptions ou non une offre quelconque, que nous retournions ou non en classe, seules des élections permettront de trancher à leurs yeux. Le mouvement n’a donc plus aucune possibilité d’avancer dans une direction donnée.</p>
<p>Or, un mouvement sans cible claire, ça s’éparpille, ça s’égare, ça se morcelle. Nous avons élargi le débat et nous avons fait de cette bataille un combat plus large que la simple question des frais de scolarité. Mais ce qui canalisait et qui canalise peut-être encore un peu ce combat, c’est la hausse. Sur cette question, il n’y aura aucun changement, aucune avancée. Le gouvernement annulerait toutes les sessions consécutives jusqu’à son élection avant d’accepter de négocier sur cette question. Alors que faisons-nous?</p>
<p>On peut perdre nos sessions, toutes nos sessions consécutives jusqu’à une élection. C’est une option. Cela dit, je doute fort qu’elle ne crée autre chose qu’un essoufflement graduel du mouvement social et un déchirement au sein même de la jeunesse québécoise. Sans compter la judiciarisation du conflit qui ne serait plus qu’un simple phénomène ennuyant et dérangeant, mais qui deviendrait une vraie catastrophe. Les poursuites pleuvraient de partout ! Alors que faisons-nous?</p>
<p>On peut accepter de retourner en classe en se disant qu’on va régler son compte à ce gouvernement lors de la prochaine élection. Je doute cependant de cette tactique qui, au bout du compte, entrainera la division du vote et qui permettra à Charest de se glisser au pouvoir, minoritaire ou non. En effet, la majorité des étudiants ne vote pas en bloc et de manière stratégique. Si c’était le cas, le PQ aurait bénéficié de cet avantage à quelques reprises déjà. Non, les étudiants votent comme tous les électeurs, avec leur cœur. Ils votent pour celui qui est le plus beau ou celui qui à les meilleures idées selon eux. Ils votent autant pour la couleur de la cravate que le reste des gens. Actuellement, dans les couloirs universitaires, ce n’est pas PQ qu’on entend sur toutes les lèvres, mais bien ON et QS. Et qui perd la chance d’avoir quelques 200 à 400 000 votes de plus si ces votes vont à ON et à QS? Petit indice, les Libéraux ont tout à gagner d’une telle situation. Ce n’est pas un carré rouge sur le veston à Mme Marois qui changera la donne, il faut plus. Alors que faisons-nous?</p>
<p>On pourrait, en retournant en classe ou non, étendre le conflit et cibler plusieurs autres enjeux. Mais à quel prix? Voir la violence prendre de l’ampleur, créer une crise sociale sur fond de désordre civil, montrer à la face du monde à quel point nous pouvons agir comme des imbéciles ? Un changement de fond s’impose certes, mais je doute fort que le Québec ne soit prêt pour une révolution, du moins, pas une violente. Alors que faisons-nous?</p>
<p>On pourrait fermer les yeux, se taire et jeter la serviette. Mais qui ferait ça après 13 semaines de grève? Qui accepterait un tel échec? Les votes de reconduction de cette semaine témoignent bien qu’aucun jeune n’est prêt à renoncer sans avoir obtenu gain de cause, du moins en partie. Alors que faisons-nous?</p>
<p>Rien ne va plus dans notre beau pays et il faudrait quelque chose de grand, quelque chose de fort, quelque chose de grave pour se sortir du bourbier.</p>
<p>En attendant, on fait quoi? Moi je fais la grève.</p>
<p>Sur ce, bonne semaine et bonne grève.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://greve2012.org/?feed=rss2&#038;p=1764</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Fais d&#8217;abord, réfléchis ensuite</title>
		<link>http://greve2012.org/?p=1758</link>
		<comments>http://greve2012.org/?p=1758#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 08 May 2012 15:36:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[À la semaine]]></category>
		<category><![CDATA[Banniere]]></category>
		<category><![CDATA[Semaine 12]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://greve2012.org/?p=1758</guid>
		<description><![CDATA[En voyant l’attitude du gouvernement suite à la dernière négociation, j’ai repensé à cette fameuse phrase du film des Simpsons. Le président des États-Unis doit faire un choix déchirant et on lui propose quatre rapports à étudier, il en pointe un sans même l’ouvrir. On lui suggère de le lire, ce à quoi il répond : [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En voyant l’attitude du gouvernement suite à la dernière négociation, j’ai repensé à cette fameuse phrase du film des Simpsons. Le président des États-Unis doit faire un choix déchirant et on lui propose quatre rapports à étudier, il en pointe un sans même l’ouvrir. On lui suggère de le lire, ce à quoi il répond : « I’m not elected to read, I’m elected to lead. »</p>
<p>Ce gouvernement a bien souvent fonctionné sous le modèle « fais d’abord et réfléchis ensuite ». Le projet du Suroit avait été autorisé avant que le BAPE ne soit contraint à l’étudier plus avant suite à la pression populaire. Les gaz de schiste subissent actuellement le même sort; laissons l’entreprise rechercher et, si la population dit quelque chose, nous ferons des commissions, des comités, des études et autres pertes de temps pendant des années. Pourtant, toute la recherche nécessaire faisant état des impacts de l’exploitation des gaz de schiste existe déjà.</p>
<p>Il en va de même avec cette nouvelle entente du gouvernement. Ils haussent drastiquement les frais de scolarité, imposent leur décision dans le budget. Après ils attendent de voir la réaction. Si l’eau commence à de venir trop chaude, la machine de relations publiques s’emballe. Dans un premier temps, ils nient les impacts et dénigrent leur adversaire. Dans un deuxième temps, ils proposent de petites mesures économiques qui « compensent » pour des problèmes liés de loin au problème principal. Finalement, ils proposent un comité ou une commission ou un groupe de travail sans pouvoir réel qui « étudiera » ce qu’il est possible de faire. Fais d’abord, réfléchis ensuite.</p>
<p>Or, cette fois ils poussent la note encore plus loin. L’entente n’était pas même encore disponible sous sa forme intégrale, nous n’en avions que les grandes lignes que ce cher M. Charest lançait « dans des institutions de cette taille, il y a toujours de l&#8217;espace [pour économiser], mais on est curieux de voir comment les étudiants veulent y arriver ». Il aurait pu dire littéralement « on vient de vous avoir, vous ne trouverez rien et vous ne représentez qu’une petite partie de la table, vous ne convaincrez personne ».</p>
<p>Certains ont dit qu’il s’achetait du temps, ce n’est pas complètement faux. D’autres prétendent qu’il souhaitait alimenter encore un peu la crise pour déclencher ces élections cette semaine. Seul l’avenir nous le dira. Dans tous les cas, le gouvernement n’a tout simplement pas dérogé de sa technique habituelle. Et que dire de cette fameuse phrase : « ça se décidera en élection »? Non pas que j’aie un problème avec l’idée de voir cet enjeu devenir un enjeu électoral… pour une fois que l’éducation serait à l’honneur. Non, le problème est que nous ne sommes pas encore en élection et qu’ils ont potentiellement encore un an avant de les déclencher. C’est donc de dire « Québécoises, Québécois, vous votez une fois aux quatre ans, après nous on dirige. Si vous n’êtes pas content avec nos choix, ne votez plus pour nous. »</p>
<p>Il y a derrière cette petite phrase un problème bien plus grave qu’il ne semble. On y trouve le témoignage d’une démocratie malade qui, trop bien installée dans une petite routine qui vieillit peut-être un peu mal, oubli que le gouvernement ne représente pas seulement ses électeurs une fois aux quatre ans. Un problème qui se fait sentir et qui a d’énormes répercussions, tant au provincial qu’au fédéral depuis quelques années. Mais je m’égare.</p>
<p>Les étudiants rejettent actuellement l’offre association par association avec des votes plus que significatifs. Les journaux et les gens diront que nous sommes irresponsables, bornés, chialeux, sales, bref un peu de tout ça. Pourtant, même des associations qui n’étaient plus en grève y retournent apparemment. Avez-vous lu l’entente? Non? Allez la lire! Si vous aviez tout sacrifié pendant 13 semaines de votre vie, vous n’oseriez jamais signer un tel torchon. Fini le temps où agir se faisait avant de réfléchir, remettons les bœufs devant la charrue et soyons fiers.</p>
<p>Sur ce, bonne semaine et bonne grève.</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://greve2012.org/?feed=rss2&#038;p=1758</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Le petit oubli</title>
		<link>http://greve2012.org/?p=1753</link>
		<comments>http://greve2012.org/?p=1753#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 07 May 2012 15:08:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[À la semaine]]></category>
		<category><![CDATA[Banniere]]></category>
		<category><![CDATA[Semaine 12]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://greve2012.org/?p=1753</guid>
		<description><![CDATA[J’ai pris une bonne grosse journée pour revirer la fameuse « entente » du gouvernement dans tous les sens et un élément me chicote. En effet, il semblerait que malgré ce que tous les journaux rapportent, vos frais institutionnels obligatoires ne baisseront peut-être pas. Non seulement ils ne baisseront peut-être pas, mais ils pourraient continuer d’augmenter. Depuis [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J’ai pris une bonne grosse journée pour revirer la fameuse « entente » du gouvernement dans tous les sens et un élément me chicote. En effet, il semblerait que malgré ce que tous les journaux rapportent, vos frais institutionnels obligatoires ne baisseront peut-être pas. Non seulement ils ne baisseront peut-être pas, mais ils pourraient continuer d’augmenter.</p>
<p>Depuis maintenant quelques années, les frais institutionnels obligatoires (FIO) sont réglementés. Essentiellement cette entente autorise les universités à augmenter leur FIO de 15 $ à 50 $ par année (en fait automne et hiver ensemble), selon les frais déjà chargés par l’institution. La liste de tous les FIO par institution et la hausse qui peut s’y rattacher serait exhaustive. Disons simplement qu’en moyenne, entre 2007 et 2011, les universités ont augmenté ces frais d’environ 26 ou 27 $ par année.</p>
<p>Or, l’« entente » présentée ce samedi ne contient aucune note concernant l’application de cette règle sur les FIO. Essentiellement, tout ce qui est convenu, est de geler 125 $ de FIO sur votre facture et de le reporter à six mois ou un an, pour laisser le temps aux étudiants de prouver qu’il y a de l’argent à économiser. Rien ne stipule cependant que les universités n’ont pas le droit de hausser, en fonction de la règle, leur FIO.</p>
<p>Pour faire simple, admettons que vous avez 600 $ de FIO par année. Votre université pourrait les faire passer à environ 625 $ à l’automne malgré l’« entente » de samedi dernier. Certes, ils « gèlent » un 125 $ sur cette facture, l’amenant à 500 $. Vous avez donc une baisse effective (mais temporaire) pour l’automne. Cela dit, les universités ont, dans les faits, le pouvoir de continuer d’augmenter le montant total de FIO que vous payez. Donc, pendant qu’un comité devra se battre pour trouver chaque sou que nous pouvons potentiellement couper, la mécanique permet de continuer d’augmenter là où nous souhaitons couper en premier. Un peu étrange comme système…</p>
<p>Il ne faut pas oublier non plus les fameux frais institutionnels NON obligatoires (je les nommerai affectueusement FINO pour la cause). Ces frais sont ceux qu’on vous charge à même votre facture, mais pour lesquels vous avez le loisir de faire la file pendant des heures à une dizaine de bureaux différents à chaque début de session ou d’année pour les faire annuler. Si je ne me trompe pas, ces FINO doivent être le fruit d’une entente entre votre association et l’université. Bon, nous pouvons tout de même espérer qu’après le mouvement de ce printemps, nos associations auront suffisamment de jugement pour refuser d’autoriser l’ajout de tels frais pour les années à venir, mais ne sous-estimons pas la capacité de nos universités de développer des projets bidons pour justifier des frais ici et là.</p>
<p>Je ne répèterai pas tout ce qui a été dit au sujet de cette entente. Je ne voulais que faire la lumière sur un élément qui, à ma connaissance, n’avait pas encore été pris en compte. Cela dit, je l’avais déjà écrit, ce que le mouvement et le gouvernement ont besoin pour sortir de cette crise, c’est du temps. Malgré que l’entente soit totalement vide, qu’elle frise l’insulte, elle nous donne ce temps dont nous avons besoin. Comprenez-moi bien, je refuserai cette entente. Cela dit, elle nous permettrait de prendre un moment pour nous réorganiser et revoir notre tactique.</p>
<p>Sur ce, bonne semaine et bonne grève.</p>
<p>p.s. Avec plus de 160 assemblées générales qui se tiendront en moins d’une semaine, j’aurai beaucoup de difficulté à garder le compte exact de qui est en grève. Veuillez noter que le nombre de grévistes ne sera valide qu’à la toute fin de la semaine. Le nombre d’hier était valide jusqu’à ce lundi matin.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://greve2012.org/?feed=rss2&#038;p=1753</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La honte</title>
		<link>http://greve2012.org/?p=1749</link>
		<comments>http://greve2012.org/?p=1749#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 05 May 2012 16:32:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[À la semaine]]></category>
		<category><![CDATA[Banniere]]></category>
		<category><![CDATA[Semaine 11]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://greve2012.org/?p=1749</guid>
		<description><![CDATA[La honte. La honte. La honte. Comment peut-on ressentir autre chose qu’une honte effroyable face aux comportements démesurés d’hier? Comment un groupe de manifestant peut-il vraiment penser que des débordements comme celui d’hier servent la cause? En bon français, il y a toujours ben des osties de limites. Pardonnez-moi l’expression un peu vulgaire, mais il [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La honte. La honte. La honte. Comment peut-on ressentir autre chose qu’une honte effroyable face aux comportements démesurés d’hier? Comment un groupe de manifestant peut-il vraiment penser que des débordements comme celui d’hier servent la cause? En bon français, <em>il y a toujours ben des osties de limites</em>.</p>
<p>Pardonnez-moi l’expression un peu vulgaire, mais il n’y a pas de mots pour décrire à quel point j’avais envie de me cacher hier. Non, pas de me cacher, de me lever et de crier haut et fort que nous n’avons rien à voir avec ces gens qui lançaient des briques, des balles de billard et une variété d’autres projectiles. Que nous n’avons rien à voir avec ces gens qui ont sauvagement tabassé un policier recroquevillé en boule. Que nous n’avons rien à voir avec ces gens qui, en direct sur la chaine Web de CUTV, disent qu’ils sont là pour tout péter, pour casser la gueule à des policiers! Non, je n’ai rien à voir avec eux et je ne veux pas savoir qui sont ces gens, de peur d’en connaître et de ne plus être capable de les regarder dans les yeux.</p>
<p>Voilà plus de douze semaines que nous nous battons tous pour la cause. Douze semaines que nous multiplions les actions, les manifestations, les marches, les initiatives artistiques. Douze semaines que nous votons en assemblée générale. Douze semaines qui se dérobent en quelques minutes sous nos yeux. Du point où j’étais, j’ai cru un bon moment qu’il n’y avait que le brasse-camarade régulier que l’on connaît maintenant bien à Montréal. J’ai cru qu’encore une fois, la majeure partie des débordements étaient liés à l’action directe des policiers. J’ai eu tort.</p>
<p>Certains diront qu’il s’agit de désinformation de la part des médias. Pourtant, même à CUTV qui se prétend indépendant et qui pose un regard souvent très différent des autres médias, la situation apparaissait catastrophique. Le service de sécurité est certes à blâmer; manque de clôtures, préparation inadéquate face à la menace qui grondait, utilisation abusive de gaz et de grenades assourdissante très tôt alors que ça n’avait pas été particulièrement violent, arrestations abusives d’autobus complets et j’en passe. Mais franchement, la palme d’or du pourri, du sal, du « petit goût amer au fond de la gorge », revient cette fois aux casseurs qui sont apparus au grand jour. L’absence de bâtiments empêchant la concentration de la foule, ils ne bénéficiaient plus de la protection et de l’anonymat que celle-ci procure en ville. Ils étaient là, première ligne, une dizaine de pieds devant le reste de la foule qui scandait tranquillement des slogans. Ils étaient agressifs, déterminés, avec un seul objectif en tête : briser et faire mal.</p>
<p>Et la police. Ça vous prend quoi? Un mort? Parce que ce matin, apparemment, vous en aurez peut-être un sur la conscience. Vous avez devant vous un petit groupe turbulent. Ils vous lancent des briques, oui, c’est fatigant, oui c’est agressant, mais c’est vraiment une raison pour répliquer avec des balles de caoutchouc tirées à la hauteur du visage? Voyons, ils n’ont pas l’équipement que vous avez, ils n’ont pas d’entrainement militaire, ils sont simplement en colère. Et merde, après autant de temps à observer des manifestations qui dégénèrent, vous n’avez toujours pas de meilleure tactique que d’utiliser un arsenal complet sur ce qui est majoritairement une foule calme comprenant certains éléments perturbateurs et violents ? Je ne suis pas un spécialiste de la sécurité publique, mais vous devriez faire un examen de conscience et une analyse de votre logistique. Vous finirez par vous en mordre les doigts le jour le conflit ne sera pas dirigé vers le gouvernement, mais vers vous. Oui, vous utiliserez une machine de relations publiques pour dire que le projectile reçu par cet homme entre la vie et la mort venait peut-être de la manifestation. Vous utiliserez la même machine pour expliquer que des dérapages sont aussi possibles de votre côté. La fatigue, l’escalade de la violence, l’organisation des manifestants, etc. <em>Bullshit</em>. Autant je déteste voir des manifestants s’en prendre à un être humain, autant les gestes que vous avez posés hier contre la foule présente étaient démesurés. Ce sont, nous sommes, des êtres humains. Pas des animaux à dompter.</p>
<p>Et vous, M. Charest. Vous vous sentez loin, à l’abri de toute cette violence. Entouré par votre système de sécurité payé à même les fonds publics, vous n’en avez que faire. Vous savez très bien qu’un bon dirigeant aurait à tout le moins accepté de rencontrer des porte-paroles de la marche avant que ça ne dégénère. Vous savez très bien que, même si ça n’avait pas changé grand-chose, vous auriez dû vous adresser publiquement aux manifestants avant que tout s’enflamme. Vous savez aussi que vous ne devriez jamais narguer la population, agir avec suffisance et paternalisme, particulièrement en temps de crise. Vous êtes responsable de ces débordements et de toute cette violence. Vous en êtes le cœur, l’auteur, le responsable ultime. Vous vous amusez à ironiser sur le sujet et à jeter de l’huile sur le feu. Vous vous plaisez à regarder la situation déborder en vous disant qu’ainsi, enfin, l’opinion publique penche de votre côté. Lisez attentivement les sondages. Les gens ne vous aiment pas plus, ils n’aiment pas votre gestion de crise, ils n’aiment pas votre attitude et ils n’aiment pas vos décisions. Si les sondages tournent, c’est simplement qu’en vous comparant à ces manifestants violents, les gens prennent le bord du pouvoir. Personne ne veut endosser la violence venant de ces groupes marginaux, alors les gens se tournent vers ceux qui représentent l’État. Par vers vous personnellement.</p>
<p>Je l’ai répété à de maintes reprises : une vitre de banque fracassée, ça ne me cause pas un pli. Attaquer un homme sans défense, c’est inconcevable, peu importe que ce soit un manifestant ou un policier.</p>
<p>Ce matin, pour une très rare fois, j’ai honte. Honte des manifestants violents, honte de notre corps policier, honte de nos dirigeants. J’ai honte.</p>
<p>p.s. Visitez le <a href="http://greve2012.org/?page_id=807" target="_blank">calendrier</a>, beaucoup d’ajouts pour cette fin de semaine et la semaine à venir.</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://greve2012.org/?feed=rss2&#038;p=1749</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Théâtre de marionnettes</title>
		<link>http://greve2012.org/?p=1741</link>
		<comments>http://greve2012.org/?p=1741#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 04 May 2012 15:59:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[À la semaine]]></category>
		<category><![CDATA[Banniere]]></category>
		<category><![CDATA[Semaine 11]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://greve2012.org/?p=1741</guid>
		<description><![CDATA[Nouvelles négociations avec les associations étudiantes et… les représentants des cégeps et des universités, le tout sans la présence confirmée de la ministre! À quelques heures à peine d’un congrès qui pourrait bien servir à lancer des élections (quoiqu’en disent les spécialistes de La Presse), cette « tentative de rapprochement » me semble à la fois douteuse [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Nouvelles négociations avec les associations étudiantes et… les représentants des cégeps et des universités, le tout sans la présence confirmée de la ministre! À quelques heures à peine d’un congrès qui pourrait bien servir à lancer des élections (quoiqu’en disent les spécialistes de La Presse), cette « tentative de rapprochement » me semble à la fois douteuse et vouée à l’échec.</p>
<p>La hausse, bâtard! Il me semble que ce n’est pas si compliqué. Depuis le début de cette crise, le problème fondamental est la hausse de 75% au départ, maintenant devenue 82%. Le reste, ce ne sont que des futilités, des mécanismes plus ou moins efficaces qui permettent de limiter la saignée. Ce qu’on demande, c’est de ne pas payer en quelques années et de manière drastique pour les choix d’une société dans son ensemble. Qui plus est, qui est cette fameuse société qui aujourd’hui semble appuyer la décision du gouvernement de hausser les frais? Qui est cette société complètement déconnectée qui se dit « ouais, bonne idée, on va refiler la facture à nos jeunes! » Plutôt que de faire comme le reste du monde et de tenter à tout prix de donner à sa jeunesse les outils et les moyens pour avoir un avenir plus brillant que les générations précédentes, notre belle société maintenant en âge de plus en plus avancé se dit tout bonnement qu’il est préférable de nuire à sa jeunesse.</p>
<p>Mais je m’égare et je généralise, les sondages ne reflètent jamais l’opinion de tous. Revenons à nos moutons, la fameuse nouvelle rencontre. Il est clair que si les recteurs et les directeurs d’établissement d’enseignement sont convoqués, il ne sera absolument pas question de la hausse. Il ne sera pas non plus question d’une gestion plus saine de nos universités, ce sont les recteurs qui claqueraient la porte. Les cégeps veulent juste que leurs étudiants rentrent en classe et n’en ont strictement rien à foutre de la hausse, ça ne leur donne pas un sou de plus. La FEUQ et la FECQ veulent un mélange de six propositions fades dont le cœur est le gel, gel que le gouvernement refuse de négocier. La CLASSE propose sans surprise la gratuité, une idée que j’aime bien, mais qui en fait frémir plus d’un. De quoi sera-t-il donc sujet autour de cette table?</p>
<p>À mes yeux, la seule réponse possible est un retour en classe forcé. Le gouvernement (ou plutôt son négociateur) tentera de convaincre les associations que le conflit a assez duré, que ça ne peut plus continuer ainsi et que les sessions sont maintenant en péril. Il essaiera d’obtenir l’appui des associations pour effectuer un retour graduel vers les bancs d’école, dans le calme. Il expliquera que le gouvernement est intransigeant quant à sa position et qu’il n’y a rien à faire à ce sujet, que tout a été dit et que l’enjeu se décidera dans une élection. Comme l’élection peut avoir lieu demain matin ou dans un an, mieux vaut retourner en classe pour le moment et remobiliser les troupes au moment opportun. Il fera des pieds et des mains pour faire valoir qu’on ne peut pas rester en grève indéfiniment et surtout pas un an.</p>
<p>Ah bon? Pourquoi ne pourrait-on pas? Comme je l’ai déjà mentionné, beaucoup d’entre nous n’ont plus rien à perdre depuis maintenant quelques semaines. Avez-vous jeté un œil du côté du Chili?</p>
<p>Bon, il y a peut-être une autre avenue possible, bien qu’elle soit très mince. Je me répète, très, très mince. Cela dit, les recteurs et les directeurs seraient probablement enclins à accepter une simple indexation. Or, l’opposition officielle a crié sur tous les toits cette semaine son accord avec une indexation. Avec plus de douze semaines de grève dans le corps, les manifestants sont épuisés, tant physiquement que moralement. Bref, tout le monde est mûr et la porte est ouverte. Le gouvernement pourrait donc proposer une indexation sans tenter de faire leur fameux rattrapage au niveau de 69. Ce faisant, ils couperaient l’herbe sous le pied de l’opposition, ne sembleraient pas reculer sur le concept d’une hausse et renverrait les étudiants à une bien fâcheuse position : une hausse, mais d’à peine 2% par année et justifiée par le simple fait de l’inflation. Qui pourrait être réellement contre? (Moi je serais contre, mais ce n’est pas moi qui décide tout seul dans mon salon.)</p>
<p>Encore une fois, je doute fort que le gouvernement choisisse aujourd’hui cette avenue, bien qu’elle règlerait la crise d’un seul coup. Surtout que dans les dernières semaines, le gouvernement ne semblait pas particulièrement intéressé à régler le conflit, mais plutôt à l’envenimer et à le garder bien actif afin d’en faire un enjeu électoral qui polariserait l’opinion publique.</p>
<p>Encore une fois, seul le temps nous dira ce qui peut bien trotter dans la tête de nos dirigeants qui se plaisent à diriger sans l’appui du peuple et qui gouvernent avec arrogance et malice.</p>
<p>Sur ce, bonne fin de semaine et ne manquez surtout pas d’aller faire valoir votre opinion au congrès Libéral à Victoriaville ce weekend.</p>
<p>p.s. Visitez le <a href="http://greve2012.org/?page_id=807" target="_blank">calendrier</a>, beaucoup d’ajouts pour cette fin de semaine et la semaine à venir.</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://greve2012.org/?feed=rss2&#038;p=1741</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La poule sans tête</title>
		<link>http://greve2012.org/?p=1732</link>
		<comments>http://greve2012.org/?p=1732#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 03 May 2012 12:11:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[À la semaine]]></category>
		<category><![CDATA[Banniere]]></category>
		<category><![CDATA[Semaine 11]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://greve2012.org/?p=1732</guid>
		<description><![CDATA[Depuis le début de cette campagne, on a accusé le mouvement étudiant de bien des maux. Pourtant, dans une campagne bien structurée, il y a des raisons qui mènent à la dégénération d’un conflit. Ce matin, sur un ton plus léger et plus humoristique, regardons un peu qui tourne en rond ou alimente l’impasse dans [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis le début de cette campagne, on a accusé le mouvement étudiant de bien des maux. Pourtant, dans une campagne bien structurée, il y a des raisons qui mènent à la dégénération d’un conflit. Ce matin, sur un ton plus léger et plus humoristique, regardons un peu qui tourne en rond ou alimente l’impasse dans cette campagne. Qui est la poule sans tête de cette histoire?</p>
<p><strong> Le message des étudiants depuis le tout début de cette campagne et bien avant :</strong></p>
<p>« On demande le gel ou la gratuité afin de préserver l’accessibilité aux études et limiter l’endettement. »</p>
<p>« Rien d&#8217;autre? Non. Rien d&#8217;autre. Tout le monde est d&#8217;accord exactement là-dessus. Voilà. »</p>
<p><strong> Les messages du gouvernement depuis le début de cette campagne et bien avant :</strong></p>
<p>« On vous invite à une rencontre sur le financement de l’éducation postsecondaire. »</p>
<p>« Il n’y a pas d’argent ailleurs que dans vos poches, on parlera juste de hausse drastique des frais lors de cette rencontre. »</p>
<p>« Vous avez refusé de parler de hausse drastique? Ce n’est pas très grave, on va mettre ça dans le budget quand même. »</p>
<p>« Le budget est passé, désolé. »</p>
<p>« Une marche de 30 000 personnes? Vous ne représentez rien, de toute façon, il est trop tard. »</p>
<p>« Vous n’êtes que 10% des étudiants en grève. »</p>
<p>« Oups, vous êtes plus de 50% des étudiants en grève. »</p>
<p>« Bah, vous savez, on respecte leur droit d’être 200 000 à demander la même chose, mais leur demande est inadmissible, c’est déjà dans le budget. »</p>
<p>« Bon, finalement on serait ouvert à discuter. »</p>
<p>« Attendez, de tout sauf de la hausse. »</p>
<p>« Bon, peut-être de la hausse, faites la rencontre avec la ministre. »</p>
<p>« Quoi? La ministre n’a été là qu’une heure? Vous savez, l’important c’est d’arrêter les manifestations et de cesser la violence, les frais de scolarité ce n’est pas l’enjeu. »</p>
<p>« Bon, sacrez-moi le camp, on n’a pas vraiment l’intention de négocier de toute façon, on prépare une campagne. »</p>
<p>« Finalement, voici une offre. Elle vous permet de vous endetter davantage, mais on étale votre endettement. »</p>
<p>« Comment ça rejetée? Consultez vos membres avant! »</p>
<p>« Non, ceci n’est pas une stratégie électorale. Ce serait grotesque de croire que nous jetons de l’huile sur le feu pour alimenter une crise avec les étudiants et nous en servir pour entrer minoritaire dans des élections au printemps. »</p>
<p>« Quoi? Nous aurions intérêt à diviser le vote des électeurs sur la question des frais de scolarité? Non, non, non. Nous sommes catégoriques, nous ne ferions jamais ça. »</p>
<p>« Vous avez consulté vos membres et ils ont tous rejeté notre offre? Pourquoi? Elle empire la situation des frais de scolarité et augmente l’endettement? Oui, mais on vous l’a dit, c’est déjà dans le budget. »</p>
<p>« Bon, ça suffit, on est simplement écoeurés, rentrez en classe bande de petits cons. »</p>
<p>« Un médiateur? Non. On vous l’a dit, retournez en classe, vous faites chier. »</p>
<p>« Ok, ça va se décider en élection, même si on a dit le contraire il y a moins de 48h. »</p>
<p><strong>Ah bon! Alors c’est vrai? Des élections?</strong></p>
<p>Avec un congrès cette fin de semaine et l’annonce récente de M. Bachand, il y a plus que de fortes chances que nous ayons droit à des élections ce printemps. Je mettrais même ma main au feu qu’un déclenchement aura lieu la semaine prochaine. Si c’est bien le cas, il faudra se relever les manches et travailler d’arrache-pied. D’une part nous n’aurons plus de cible précise à attaquer et l’enjeu deviendra électoral. De plus, nous devrons nous structurer d’une telle façon que nos actions ne soient pas des coups d’éclat qui bénéficieraient indirectement au parti Libéral, mais bien qui leur nuiraient.</p>
<p>Je mijote encore un peu cette réflexion.</p>
<p>Sur ce, bonne semaine et bonne grève.</p>
<p>p.s. Visitez le <a href="http://greve2012.org/?page_id=807" target="_blank">calendrier</a>, beaucoup d’ajouts pour cette fin de semaine et la semaine à venir.</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://greve2012.org/?feed=rss2&#038;p=1732</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Le cancre international</title>
		<link>http://greve2012.org/?p=1725</link>
		<comments>http://greve2012.org/?p=1725#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 30 Apr 2012 16:01:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[À la semaine]]></category>
		<category><![CDATA[Banniere]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://greve2012.org/?p=1725</guid>
		<description><![CDATA[L’augmentation de la couverture internationale et la division au sein du caucus libéral pourraient bien changer les choses à la veille du congrès du PLQ. En effet, dans les derniers jours, il a été fortement question du Québec dans une panoplie de médias des quatre coins du monde. Certes, nous avions déjà une couverture à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L’augmentation de la couverture internationale et la division au sein du caucus libéral pourraient bien changer les choses à la veille du congrès du PLQ. En effet, dans les derniers jours, il a été fortement question du Québec dans une panoplie de médias des quatre coins du monde. Certes, nous avions déjà une couverture à l’extérieur du pays, mais le phénomène a pris de l’ampleur avec l’intensification des manifestations.</p>
<p>Le phénomène n’a, à la base, rien d’extraordinaire. La longueur de la grève et les quelques débordements violents attirent l’attention. Disons simplement que le Québec n’est généralement pas perçu comme un endroit où les choses se brassent. Or, soudainement, nous venons changer cette perception. Un changement qui pourrait être le bienvenu en cette 12<sup>e</sup> semaine de grève. Comme nous n’arrivons pas à atteindre suffisamment le gouvernement libéral sur le plan économique et idéologique, l’atteinte à son image internationale pourrait être une nouvelle carte intéressante. En effet, un gouvernement qui se dit démocratique et dont la nation se compare sans cesse au pays du G8 et du G20 se doit de préserver, dans certaines limites, une image acceptable auprès de la communauté internationale. Il en va des relations diplomatiques et économiques à grande échelle. Qui souhaite déménager une entreprise ici en pleine crise sociale? Quel touriste français ou belge souhaiterait venir visiter le Québec dans les semaines à venir? De quoi à l’air un gouvernement qui n’est pas en mesure de reprendre le contrôle sur une population en colère depuis 12 semaines?</p>
<p>Tant de questions qui, peut-être, seront soulevées par es militants du PLQ la fin de semaine prochaine. Il se trouve que la pression augmente drastiquement sur eux. À un point tel qu’ils déplacent, sans grande surprise, cette instance à Victoriaville. Ils croient ainsi, naïvement, pouvoir échapper aux manifestations. Un congrès qui risque fort d’être divisé sur la façon dont le gouvernement doit gérer la crise. La semaine dernière, pour une rare fois, les rumeurs allaient bon train sur une division même au sein du caucus. Venant du parti Libéral, il s’agit d’une situation hors du commun qui démontre bien à quel point l’état de crise commence à affecter le parti. Si cette division se retrouve samedi et dimanche sur le plancher du congrès, la situation risque de devenir fort intéressante.</p>
<p>La pression fait donc lentement, mais sûrement son chemin et atteint ces cibles. Ce qu’il reste à faire, c’est de continuer à foncer ensemble. Nous devons, lors de la prochaine semaine, maintenir cette pression. Les votes de grève doivent être reconduits et les manifestations, déjà très nombreuses, doivent continuer de se multiplier. À cela, nous pourrions ajouter un peu d’huile sur le feu en réservant des autobus pour descendre à Victoriaville la fin de semaine prochaine. De plus, les associations étudiantes nationales devraient songer à écrire des lettres aux différents consulats des pays où nous avons eu une couverture pour leur expliquer la situation. Je crois fermement qu’atteindre l’image du Québec à l’internationale pourrait avoir un impact majeur sur la crise.</p>
<p>Sur ce, bonne semaine et bonne grève.</p>
<p><em>Pour les activités de la semaine, visitez le <a href="http://greve2012.org/?page_id=807">calendrier</a></em></p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://greve2012.org/?feed=rss2&#038;p=1725</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Restons unis</title>
		<link>http://greve2012.org/?p=1721</link>
		<comments>http://greve2012.org/?p=1721#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 29 Apr 2012 17:12:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[À la semaine]]></category>
		<category><![CDATA[Banniere]]></category>
		<category><![CDATA[Semaine 10]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://greve2012.org/?p=1721</guid>
		<description><![CDATA[Un mouvement relativement uni à la tête grâce à des associations qui se serrent les coudes et en lente division dans les rues dû à la casse; voilà ce vers quoi nous glissons tranquillement dans les derniers jours. Un glissement que, très personnellement, je trouve dangereux. D’abord, je réitère que je n’aime pas les actes [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Un mouvement relativement uni à la tête grâce à des associations qui se serrent les coudes et en lente division dans les rues dû à la casse; voilà ce vers quoi nous glissons tranquillement dans les derniers jours. Un glissement que, très personnellement, je trouve dangereux.</p>
<p>D’abord, je réitère que je n’aime pas les actes violents, mais que je suis en faveur d’approches diversifiées pour faire flancher le gouvernement. Or, il ne faut pas oublier que les gens qui font de la casse dans les manifestations, que nous aimions ou non, se battent avec nous. Bien qu’eux et moi n’ayons pas la même vision quant aux moyens à utiliser pour y arriver, il n’est reste pas moins qu’à leur façon, ils revendiquent et exprime leur colère.</p>
<p>J’ai donc de grosses réserves face à ces jeunes qui, à la moindre vitrine brisée, chahutent les responsables de l’acte, scandent « on reste pacifique », s’assoient au sol pour aider la police à les identifier ou encore les livrent directement à la police. Nous ne sommes pas le gouvernement, nous ne sommes pas les forces de l’ordre et nous ne sommes pas juges de ce qui est bien ou mal, ce qui peut ou doit être fait ou non.</p>
<p>À l’inverse, j’ai un gros problème à soutenir ceux qui font de la casse lorsqu’ils dépassent les limites du symbolique. Fracasser la vitrine d’une banque, lancer de la peinture sur un ministère ou s’en prendre à de très grosses multinationales, ça reste dans le discours. Un discours violent, certes, mais dans le discours. À l’opposé, briser les parebrise de voitures stationnées dans la rue ou casser les vitrines de petits commerçants, ça n’aide personne et ça n’a rien à voir avec le discours. Lorsque vous vous en prenez à ce dernier type de cibles, vous me perdez.</p>
<p>Mais par-dessus tout, ce qui me met hors de moi et qui, à ma connaissance, est plutôt partagé par ceux avec qui je manifeste, c’est que nous soyons obligés de subir les conséquences des actes de ces quelques casseurs. Ceux qui choisissent la voix d’une action pacifique subissent bien souvent les gaz et la matraque pour les agissements d’une minorité. Et là, sérieusement vous me perdez complètement. Des soirs comme mercredi, je vous jure, c’est loin d’être agréable.</p>
<p>Cela dit, récemment, la police de Montréal tente une nouvelle approche. Ils font de plus en plus d’arrestations sélectives. Loin de moi l’idée de débattre longuement sur la qualité de leur jugement lors de telles arrestations. Cependant, ils règlent mon dilemme. D’une part, nous n’avons plus à isoler les casseurs ou à scander contre eux. Nous pouvons respecter leur tactique sans en être le juge. D’autre part, je n’ai plus à subir les conséquences de leurs actes puisqu’ils se font arrêter individuellement. Vendredi, nous avons dû arrêter à quelques reprises la marche. Au début, le blocage de la rue par la police créait une certaine tension. Mais dès que la foule a commencé à comprendre la tactique, tout s’est déroulé dans le calme pour ceux qui le souhaitaient.</p>
<p>Bref, je sais que tout ça peut sembler un peu confus et pourtant c’est on ne peut plus clair. Brisez des vitres si vous le voulez, si possible des cibles adéquates. Pour ma part, je n’adhère pas à cette approche et suis même plutôt contre, mais ce n’est pas à moi d’en juger lorsque nous sommes dans la rue. Évitez cependant que nous nous fassions tous arrêter pour quelques gestes isolés.</p>
<p>Je sais que plusieurs diront que ce ne sont pas les casseurs qui mettent les manifestants en danger, mais la police. Vous avez en partie raison dans la mesure où ils sont formés et armés. Cela dit, ça reste leur rôle d’arrêter les gens qui ne respectent pas la loi et, que vous aimiez ou non, briser une vitrine de banque contrevient à la loi. Donc,a celui qui brise la vitrine et qui sait très bien comment la police réagira, met indirectement l’ensemble du groupe en danger (parce que oui, je considère ces temps-ci que la police est dangereuse). Au bout du compte, utilisez les moyens qui vous plaisent, mais respectez les limites et la sécurité des autres manifestants et par-dessus tout, évitons de nous diviser à la base, dans la rue.</p>
<p>Sur ce, bonne 12<sup>e</sup> semaine de grève.</p>
<p><em>Pour les activités de la fin de semaine, visitez le <a href="http://greve2012.org/?page_id=807" target="_blank">calendrier</a></em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://greve2012.org/?feed=rss2&#038;p=1721</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Rentre à minuit!</title>
		<link>http://greve2012.org/?p=1716</link>
		<comments>http://greve2012.org/?p=1716#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 27 Apr 2012 22:55:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[À la semaine]]></category>
		<category><![CDATA[Banniere]]></category>
		<category><![CDATA[Semaine 10]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://greve2012.org/?p=1716</guid>
		<description><![CDATA[J’ai peu commenté dans les derniers jours et pour cause. D’une part, je suis déchaîné et je participe à deux fois plus d’actions et de manifestations qu’à l’habitude. Je suis donc plus rarement à la maison. Mais aussi, parce que les annonces défilaient les unes près les autres à un rythme effréné.  Sauf que ce [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J’ai peu commenté dans les derniers jours et pour cause. D’une part, je suis déchaîné et je participe à deux fois plus d’actions et de manifestations qu’à l’habitude. Je suis donc plus rarement à la maison. Mais aussi, parce que les annonces défilaient les unes près les autres à un rythme effréné.  Sauf que ce soir, je suis tout simplement sidéré. Je dois avoir l’air d’avoir mangé un poing sur la gueule depuis environ six heures. Depuis ce midi, je cherche à comprendre.</p>
<p>J’ai l’impression de me retrouver devant mes parents à 14 ans. J’ai l’impression qu’ils me disent que je suis obligé de rentrer à minuit alors que tous mes frères plus vieux avaient le droit de sortir jusqu’à 2h du matin au même âge. Mes parents me répètent que c’est pour mon bien, pour ne pas qu’il m’arrive ce qui est arrivé à mes frères et que de toute façon ce n’est pas négociable, que je comprendrai plus tard. Là évidemment, je refuse de me laisser avoir par un argumentaire aussi bête, sachant très bien qu’il n’y a aucune réelle raison valide pour ce soudain changement. Alors je cesse toutes mes corvées, assume la perte d’allocation qui en découle. Mes parents se disent alors que ça passera, que je vais bien vouloir ravoir mon allocation dans une semaine ou deux. Mais je suis entêté. Je sais très bien que je perds beaucoup, mais si je les laisse faire, je sais aussi qu’à 16 ans je n’aurai toujours pas le droit de sortir plus tard que 1h. Alors je tiens mon bout, je résiste et finalement, après cinq semaines, mes parents acceptent de négocier. Comme toute bonne discussion avec un adolescent, le ton monte un peu. Pas trop, juste un peu. Mes parents se donnent deux jours pour réfléchir à une nouvelle proposition. Fier de mon coup, j’attends un peu et…voilà, ils me proposent :</p>
<p>Minuit quinze durant deux ans, à prendre ou à laisser. Et il ne faut pas que j’oublie, je suis très chanceux qu’ils me fassent cette offre formidable.</p>
<p>Je ne sais pas ce que le gouvernement a pensé en offrant sa « solution globale » cet après-midi, mais je sais une chose : ils le font délibérément. Après 11 semaines de grève et avec une participation qui n’a pas baissée selon une courbe normale, le gouvernement sait très bien ce qu’il adviendra. Ils savent que nous allons refuser, qui accepterait ça? Ils savent aussi que nous allons sortir plus fort et plus en colère. Ils savent que ça prendra une semaine avant que toutes les associations disent non. Ils savent que ça va déborder, ils savent que nous passerons pour les méchants dans l’opinion publique, ils savent que nous perdrons tous nos appuis. Mais savent-ils seulement à quel point tout ça n’a plus d’importance pour personne qui manifeste depuis 11 semaines?</p>
<p>Nous n’avons PLUS RIEN à perdre. Ma session est probablement déjà foutue, mon été va être dégueulasse, je suis paumé, mais je m’en sors. Qu’est-ce qui peut m’arriver de pire? De ne pas être apprécié par les automobilistes qui rentrent tous les soirs à cinq heures? Je n’en ai plus rien à foutre de ce qu’ils pensent de moi. Je n’en ai rien à foutre d’avoir l’air con à la télé. Je n’en ai rien à foutre de votre proposition inconcevable. Vous nous riez encore au visage après tout ce temps en osant nous présenter une plus grande hausse échelonnée sur plus longtemps comme un miracle? Partez-les donc vos élections qu’on voit si ça vous sert que je sois en grève pendant que vous tentez de gagner encore vous basant sur la division des votes plutôt que sur des projets rassembleurs. Partez-les pour voir comment une élection peut dégénérer quand plus personne ne respecte rien. Partez-les que j’aie, moi aussi, la chance de vous rire au visage.</p>
<p>Bonne semaine quand même et bonne grève plus que jamais.</p>
<p><em>Pour les activités de la fin de semaine, visitez le <a href="http://greve2012.org/?page_id=807" target="_blank">calendrier</a></em></p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://greve2012.org/?feed=rss2&#038;p=1716</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>L&#8217;outil du jour</title>
		<link>http://greve2012.org/?p=1711</link>
		<comments>http://greve2012.org/?p=1711#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 25 Apr 2012 16:22:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[À la semaine]]></category>
		<category><![CDATA[Banniere]]></category>
		<category><![CDATA[Semaine 10]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://greve2012.org/?p=1711</guid>
		<description><![CDATA[Certains auront peut-être remarqué qu’hier je n’ai rien publié à l’exception d’un billet envoyé par un lecteur. Ce n’est ni par fatigue, ni par manque de temps. C’est plutôt parce que, comme plusieurs, j’ai pris acte du comité de « négociation de la CLASSE ». Franchement, j’étais bleu de colère et je voulais éviter d’écrire un autre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Certains auront peut-être remarqué qu’hier je n’ai rien publié à l’exception d’un billet envoyé par un lecteur. Ce n’est ni par fatigue, ni par manque de temps. C’est plutôt parce que, comme plusieurs, j’ai pris acte du comité de « négociation de la CLASSE ». Franchement, j’étais bleu de colère et je voulais éviter d’écrire un autre billet incendiaire sans avoir pris un peu de recul.</p>
<p>Après avoir pris le temps d’y réfléchir, ce qui me fâche le plus n’est pas la piètre qualité des présentations, ni le fait qu’ils se sentent investis d’une mission quasi religieuse, frôlant le mysticisme. Ce qui me fâche le plus, c’est le total manque de confiance envers nos institutions.</p>
<p>Certes, les Libéraux ont mis à mal depuis plusieurs années notre système politique et, sur une base régulière, les coups bas et les scandales sont au cœur de leur approche. Cela dit, lorsque j’ai regardé la conférence de presse de la ministre de l’Éducation lundi dernier, ce n’est pas le mur de béton armé répétant la même cassette que j’ai vu. Ce que j’ai vu, c’est une ministre épuisée, chambranlante, qui ne contrôle plus les événements. Ce que j’ai vu c’est une personne désirant sincèrement dénouer l’impasse étant donné l’ampleur des événements.</p>
<p>Hier matin, à la radio de Radio-Canada, Maisonneuve expliquait qu’il n’avait aucune idée de ce qui sortirait de ces négociations. Il rajoutait cependant que les étudiants avaient le gros bout du bâton. Pensez-y un peu, imaginez pour un instant que le gouvernement ne se serve de cette réunion que pour faire une belle façade de relations publiques. Imaginez ce qui arriverait et repensez aux cinq ou six jours précédant la rencontre. Ce n’est plus de la petite police contre de petits manifestants qu’il y avait dans la rue. C’était une émeute face à des forces de l’ordre agissant comme l’armée. Certes, la tension a baissé d’un cran, mais les esprits sont toujours échaudés et il ne s’agit que d’une étincelle pour raviver la flamme. Et nous savons tous, au fond, ce qui arrivera si rien de moindrement intéressant ne sort de cette rencontre.</p>
<p>Oui, comme plusieurs, je déteste ce gouvernement. Oui, comme plusieurs je crois qu’ils utilisent fréquemment de basses tactiques pour arriver à leurs fins. Mais rendez-vous compte que nous n’étions pas près de flancher. Dans les cinq derniers jours, des étudiants se sont joints au mouvement. Presque tous les votes de grève ont été reconduits, le mouvement ne s’essouffle pas du tout. Sans compter que la tension augmentait et que la situation devenait critique, même sur la scène internationale l’image du Québec (surtout son gouvernement) commençait à vaciller.</p>
<p>J’ai donc été fâché de voir que la CLASSE envoyait des gens qui ont comme prémisse que le gouvernement ne veut pas négocier et que tout ça n’est que mascarade et relations de presse. J’ai été fâché de voir que les jeunes qui défendent de si belles convictions de démocratie ont si peu de respect pour nos institutions. Je veux comme vous tous du changement au Québec, mais pouvons-nous éviter de « jeter le bébé avec l’eau du bain »?</p>
<p>Je sais que plusieurs me répondront que je n’ai rien compris et qu’il faut connaître la CLASSE et son fonctionnement pour saisir ces lettres. Je me ferai dire que la CLASSE a des positions contre les fédérations, contre la bourgeoisie, contre ci, contre ça et que c’est parce que je ne comprends l’essence de leur combat que j’accepte de « jouer le jeu » du gouvernement. <em>Que nenni, </em>je ne suis pas né de la dernière pluie et je comprends, voire j’aime bien ces revendications « révolutionnaires ». Mais un comité de négociation, c’est l’outil que nous avons aujourd’hui, maintenant.</p>
<p>Laissons la chance au coureur, nous verrons bien où tout cela nous mène.</p>
<p>Et si ça fait boulette, vous me direz « je te l’avais bien dit »! Vous aurez raison et nous redescendrons tous dans la rue!</p>
<p>Bonne semaine et bonne grève.</p>
<p><em>Le calendrier est encore ne processus de mise à jour. Je me suis concentré sur le nombre d’étudiants en grève pour avoir le chiffre le plus exact possible. Merci de votre compréhension.  </em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://greve2012.org/?feed=rss2&#038;p=1711</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Les carreaux rouges &#8211; Crédit@Louis-Philippe Blanchette</title>
		<link>http://greve2012.org/?p=1705</link>
		<comments>http://greve2012.org/?p=1705#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 24 Apr 2012 14:56:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Banniere]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://greve2012.org/?p=1705</guid>
		<description><![CDATA[***Ce texte a été proposé par un utilisateur, il n’est pas directement l’opinion de GRÈVE2012.org (Merci beaucoup pour votre proposition de texte, les opinions des lecteurs sont toujours très appréciées!)*** Voici le texte original de Louis-Philippe Blanchette : Aujourd’hui symbole évocateur du mouvement étudiant voire des ses luttes, le carré rouge est apparu pour la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>***<em>Ce texte a été proposé par un utilisateur, il n’est pas directement l’opinion de GRÈVE2012.org (Merci beaucoup pour votre proposition de texte, les opinions des lecteurs sont toujours très appréciées!)***</em></p>
<p>Voici le texte original de Louis-Philippe Blanchette :</p>
<p style="text-align: left;" align="center">Aujourd’hui symbole évocateur du mouvement étudiant voire des ses luttes, le carré rouge est apparu pour la première fois en 2004 à l’occasion du Collectif pour un Québec sans pauvreté. Mais dès 2005, il fut utilisé par le mouvement étudiant et il signifiait que la jeunesse estudiantine était <em>carrément dans le rouge</em>, c’est-à-dire de plus en plus endettée, croulant sous les charges diverses. Celui-ci, aujourd’hui encore, est emblématique; l’ardoise n’étant pas plus reluisante. Mais, ces derniers jours, le carré rouge, ce symbole du gouffre financier dans lequel nous enfermons nos jeunes (et moins jeunes), symptôme indéniable d’un manque de justice sociale criant et d’un projet crédible de société, cède le pas à un autre : le carreau brisé. Celui de la vitre qui se fracasse sous le poids de l’indignation qui, fort heureusement, ne se tarit pas. Mais que signifie ce dernier? La députée de Taillon le résume assez bien : il signifie le débordement que plusieurs craignaient, une conséquence fâcheuse de l’entêtement éhonté de nos gouvernants, ceux-là mêmes qui ont perdu le nord et oubliés ce que pouvait être le bien commun.</p>
<p style="text-align: left;">Malheureusement, comme cela arrive si souvent, il n’en fallait pas davantage aux sophistes professionnels et aux rhéteurs de carrière – avec l’appui de médias complaisants – pour s’emparer de ce symbole afin de discréditer l’ensemble du mouvement et tout particulièrement la CLASSE, ce groupuscule de dangereux anarchistes qui se dissocie des gestes de violence sans toutefois les condamner. Au diable donc les débats de fond, les idées, les utopies, les rêves partagés par des milliers de citoyens en colère qui luttent pour une société plus juste, plus respectueuse. Cela fait deux mois que la ministre Beauchamp refuse de s’asseoir avec les syndicats étudiants et d’entamer le dialogue et, aujourd’hui, ce dialogue n’existe toujours pas parce que la CLASSE ne condamne pas vertement des gestes de violence isolée!</p>
<p style="text-align: left;">À quand la fin des inepties? Et qui fait montre de la plus singulière des violences? Est-ce quelques étudiants – à supposer qu’ils en soient – brisant une fenêtre ou ralentissant nos urbains déplacements? Il appert plutôt que la violence la plus grave, parce que plus sournoise, celle qui ne dit pas son nom, soit celle que nos dirigeants ont institutionnalisée. D’ailleurs, n’est-ce pas cette même violence qui, depuis la crise financière de 2008 et le renflouement des banques qui s’en suivit, a fait s’indigner des millions d’hommes et de femmes de par le monde? Sincèrement, l’aveuglement idéologique de nos gouvernements à la solde des oligarques de la finance et que dénonce, entre autres Riccardo Petrella, n’est-elle pas plus violente? Nous avons été préparés par le capitalisme à l’esclavage, soutenait George Orwell, et tant et aussi longtemps que notre attention et nos critiques se porteront davantage sur les carreaux brisés plutôt que sur la violence étatique, nous demeurerons sous tutelle, anticipant mièvreusement la liberté qui ne pourra advenir.</p>
<p style="text-align: left;">Louis-Philippe Blanchette, professeur de philosophie au Collège Marie-Victorin</p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: left;">
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://greve2012.org/?feed=rss2&#038;p=1705</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Amende honorable</title>
		<link>http://greve2012.org/?p=1678</link>
		<comments>http://greve2012.org/?p=1678#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 23 Apr 2012 14:40:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[À la semaine]]></category>
		<category><![CDATA[Banniere]]></category>
		<category><![CDATA[Semaine 10]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://greve2012.org/?p=1678</guid>
		<description><![CDATA[Ce matin, je fais amende honorable. Je vous demande pardon pour une série de billets, certains plus controversés que d’autres. Je suis soufflé par la série d’événements extraordinaires qui se sont déroulés cette fin de semaine. Tout d’abord, j’ai écrit sur l’élargissement du mouvement très tôt dans la campagne étudiante en soulevant l’idée d’appuyer une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ce matin, je fais amende honorable. Je vous demande pardon pour une série de billets, certains plus controversés que d’autres. Je suis soufflé par la série d’événements extraordinaires qui se sont déroulés cette fin de semaine.</p>
<p>Tout d’abord, j’ai écrit sur l’élargissement du mouvement très tôt dans la campagne étudiante en soulevant l’idée d’appuyer une variété de causes. Je mettais en garde contre le détournement du discours par les leaders, tout en encourageant le mouvement à lui-même à se battre pour des enjeux plus diversifiés que notre simple demande sur les frais de scolarité. Les actions de vendredi et de samedi contre le plan nord et la marche de dimanche pour l’environnement, auxquelles un nombre impressionnant d’étudiants ont participé, témoigne de cette ouverture formidable. Les jeunes sentent apparemment que quelque chose se passe actuellement au Québec, quelque chose de plus grand et de plus fort que nous. Il y a une volonté de changement plus forte que ce que nous avons vu depuis plusieurs années et les jeunes en sont le moteur. Je me réjouis et salue cette force et cette détermination qui commence à porter fruit.</p>
<p>Ensuite, j’avais dénoncé en début de grève l’inaction des fédérations et leur difficulté à faire embarquer leurs associations dans le mouvement. Une critique qui a été suivie par une autre dirigée envers les propos de M. Bureau-Blouin qui, très tôt, s’était prononcé contre la violence. Certes, les fédérations ont eu du mal à se positionner médiatiquement et politiquement (en terme de nombre) dans cette grève. Certes, la FECQ a peut-être dénoncé la violence un peu tôt. Cela dit, ce que craignaient plusieurs personnes dans les dernières semaines était la possibilité de la tenue d’une rencontre de négociations sans la CLASSE. Bref, les gens craignaient que les fédérations acceptent l’offre de la ministre et qu’advenant l’impossibilité pour la CLASSE de dénoncer la violence, elles participent tout de même à la rencontre. Or, aujourd’hui bien positionnées médiatiquement et avec un très grand nombre de grévistes derrière elles, les fédérations sont au cœur du débat tout comme la CLASSE. Et elles jouent le jeu de manière admirable en refusant de négocier sans que les trois associations soient présentes. Certes, la FECQ a peut-être été un peu brusque en invitant fortement la CLASSE à dénoncer la violence ce dimanche. Cela dit, la FEUQ a fait preuve d’une ouverture hors du commun, voire historique pour le mouvement étudiant, en cédant deux des ses places à la table de négociations. Sans compter qu’elle l’a fait avec la volonté unanime de ses associations membres, sans condition et en acceptant que les représentants de la CLASSE se présentent sous leur titre officiel et non sous une quelque forme d’« accompagnateur » de la FEUQ. Donc, désolé d’avoir douté des fédérations et félicitation!</p>
<p>Et que dire de la CLASSE? Vous n’avez pas échappé à mes critiques, parfois particulièrement virulentes. J’ai tout de même répété à maintes reprises mon admiration pour votre travail sans pareil dans cette campagne et le rôle crucial que vous y avez joué jusqu’à maintenant. Depuis maintenant plus d’une semaine, le Québec est pendu aux lèvres de votre porte-parole en attendant que vous lui donniez l’autorisation de dire qu’il dénonce la violence. Cette condition douteuse, mais en apparence inévitable de la ministre pour participer aux discussions était le nœud qui bloquait actuellement tout le mouvement étudiant. Et bien, quelle ne fut pas la surprise ce dimanche soir de vous voir dénouer cette impasse avec brio. Quoiqu’en disent les journalistes, vous avez fait preuve d’une immense ouverture et je salue ce geste qui laisse la ministre dans une position bien inconfortable. Je vous demande donc pardon, membres de la CLASSE, d’avoir douté.</p>
<p>Finalement, j’aurais bien aimé pouvoir m’excuser aussi auprès de la ministre pour avoir remis en cause les intentions réelles qu’elle avait derrière sa demande de condamner la violence, mais je ne pourrai le faire. En effet, tard hier soir, la ministre a publié un communiqué annonçant une rencontre ce lundi, sans la CLASSE. Et ce, malgré toutes les dernières avancées dont elle était informée lorsque le communiqué a été lancé. Il est maintenant clair que ce que la ministre souhaitait était une division du mouvement étudiant et par le fait même, une fragmentation de sa force et un essoufflement de la crise. Il est clair aussi que peu importe ce que la CLASSE dira, elle se fout complètement d’eux et ne veut rien entendre à une quelconque participation de cette organisation aux négociations. Cette attitude est déplorable, malsaine et loin d’être digne d’une ministre, d’une députée, voire d’une personne. L’imposition de conditions pour participer à une négociation est déjà un geste d’une intransigeance phénoménale. Refuser d’accepter de négocier même si tout un chacun accepte les conditions, c’est inacceptable! J’ai écrit à plusieurs reprises sur le fait que le gouvernement jetait de l’huile sur le feu. Là, ce n’est plus de l’huile, c’est du kérosène qu’ils déversent à coup de réservoir sur un feu déjà bien démarré!</p>
<p>En attendant que la ministre reçoive une ou deux gifles de sont équipe politique et que sa dose de botox diminue, lui dégonflant un peu le visage et lui permettant d’entrouvrir les yeux, les étudiants doivent se serrer les coudes. Ne laissons pas tomber, nous sommes dans les derniers miles. Les votes de grèves seront cruciaux cette semaine et votre participation aux actions plus importante que jamais. Ne lâchez pas face à une telle injustice!</p>
<p>Sur ce, bonne semaine et bonne grève.</p>
<p><em>Notez que je n’ajoute pas la liste des activités à mon billet d’aujourd’hui, je travaille à une mise à jour complète du calendrier, ainsi qu’à une mise à jour du chiffre. J’ai profité de mon weekend pour prendre un peu de repos et revenir en force avec un travail de qualité pour vous. Merci de votre compréhension.</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://greve2012.org/?feed=rss2&#038;p=1678</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
